De : KEPPLER Jan H.
Collections : Histoire de la pensée
ISBN : 978-2-84174-460-2
Année : 2008
Nombre de pages : 172
Prix : 19 €

L’œuvre smithienne puise sa fertilité de son caractère paradoxal où le suivi zélé d’une morale sociale se met au service d’une téléologie éthique. Adam Smith, professeur de philosophie morale, avocat du laissez-faire, directeur de l’administration fiscale écossaise, échappe aux lectures simplistes.
Dans la Théorie des sentiments moraux, la « sympathie » structure les préférences humaines à travers la reconnaissance des propres sentiments dans l’image spéculaire de l’autre. Les valeurs communes ainsi codifiées permettront l’émergence d’une société de marché marquée par l’absence de coûts de transaction, la division du travail, l’efficacité – ainsi que par une profonde mélancolie. En s’adonnant au jeu de la sympathie, l’individu smithien perd le contact avec le « spectateur impartial », dépositaire d’une normativité éthique, structurée autour du bien-être général et de la propagation de l’espèce. Tout en soulignant son importance, Smith peine à trouver un nom définitif au spectateur impartial. En récusant en dernière conséquence son influence, il annonce la Richesse des nations où une société fraternelle bâtie sur le respect des lois – proche de celle décrite par Freud dans Totem et Tabou – se substitue à la négociation individuelle de la Loi du « spectateur impartial ».

Jan H. Keppler est professeur d’économie à l’Université Paris – Dauphine et chercheur au CGEMP. Il est également chercheur au Pôle d’histoire de l’analyse et des représentations économiques (PHARE) de l’Université Paris I Panthéon – Sorbonne. Ses recherches se concentrent en particulier sur les structures informationnelles des phénomènes économiques.