De : EISSEN Ariane
Collections : Otrante, Revues
ISBN : 978-2-84174-570-8
Année : 2011
Nombre de pages : 192
Prix : 20 €

Responsable éditoriale : Ariane Essen

Freud relisant la Gradiva de Jensen ou Le Marchand de sable d’E.T.A. Hoffmann pour élaborer la théorie psychanalytique ; inversement, la notion de « unheimlich » servant à penser certains effets littéraires : la littérature fantastique et la psychanalyse entretiennent des liens indiscutables. Ce constat amène à s’intéresser à un cas particulier de fantastique, sur le modèle de ce que Nathalie Prince a désigné comme le « fantastique intérieur », où le monstre ne surgit pas de l’ailleurs, de l’extériorité, mais dans l’espace quotidien et du lieu même de l’intimité.
Les œuvres proposées à l’analyse jouent à la fois de l’intimisme et du fantastique : ce sera l’occasion de tenter un décentrement générique et de se demander ce qu’est une lecture fantastique d’œuvres non nécessairement homologuées comme telles. Qu’est-ce qui rend possible cette lecture ? Un imaginaire et ses thèmes ? Des procédés intertextuels ? Une poétique ? Un type d’énonciation ? A quelles conditions peut-on parler de traitement fantastique dans des œuvres adoptant une focale intimiste ? En retour, que nous apprennent ces œuvres sur l’imaginaire et l’écriture fantastiques ? Quelles questions renouvelées sont ainsi posées?
Quelques noms, afin de préciser les directions de réflexion. Pour la littérature, aux côtés d’auteurs volontiers situés dans le domaine fantastique (Julio Cortazar, Patrick McGrath, Alasdair Gray, Eric McCormack…) , d’autres qui le sont plus marginalement (Angela Carter, Antonio Tabucchi, Marie Ndiaye, A.S. Byatt, Rikki Ducornet), voire a priori pas (Ismail Kadaré). Pour le cinéma, de même, on abordera des cas canoniques (comme les diverses adaptations filmiques du Tour d’écrou) et des œuvres qui font davantage problème (David Lynch…).