De :
Collections : Revues, Témoigner. Entre histoire et mémoire
ISBN : 978-2-84174-560-9
Année : 2011
Nombre de pages : 174
Prix : 15 €

Les déplacements de population ont souvent été utilisés par des États ou des groupes criminels pour isoler des populations qu’ils prennent pour cible ou qu’ils veulent s’aliéner. Perte de visibilité publique, privation des repères et des cadres sociaux sont alors des processus complémentaires à la négation des droits communs. Procédant ainsi, il est alors possible de faire subir à ces populations des contraintes (déterritorialisation, travail forcé…) ou des violences (famine, massacre, génocide…).
Ces contraintes et ces violences, par leur radicalité, mettent en péril l’identité et l’existence même de ces populations et de leur culture. Par ailleurs, les conflits et leurs conséquences provoquent des mouvements de population (exode, exil, immigration…) qui bouleversent les configurations géodémographiques de façon déterminante pour les équilibres politiques des régions. Il en a été ainsi avec la Première Guerre mondiale et ses suites durant et bien après la Seconde Guerre mondiale. Face à cela, les populations concernées élaborent, quand elles en ont les moyens, des tactiques ou des stratégies pour retrouver un équilibre, ne fût-ce que précaire, et une cohésion culturelle. On peut ainsi, entre massacres et exils, entre déplacements forcés et volontaires, tracer toute une cartographie de l’histoire européenne et mondiale.

Dossier coordonné par Philippe Mesnard