n° 6 – Cambodge. Tuol Sleng ou l’histoire du génocide en chantier

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Dossier : Mémoires de Tuol Sleng : pierres, images et corps en transition

Le dossier traitera des rapports d’artistes plasticiens, photographes, dramaturges avec la mémoire du génocide khmère (Cambodge, 1975). Événement peu traité en France. Il sera abondamment illustré, de manière à ce que les images soient en étroite interaction avec les textes. De cela découle l’intérêt d’une maquette créative que la conception de la revue Mémoires en jeu rend possible. Par conséquent, au lieu d’une homogénéité de tous les articles, les auteurs sont invités à présenter un dialogue particulier entre texte et images sous la forme de légendes, commentaires, séquences d’images, photogrammes, etc.
Stéphanie Benzaquen-Gautier (Université Erasmus, Rotterdam), Anne-Laure Porée (EHESS), et Vicente Sánchez-Biosca (Université de Valence). Introduction
Catherine Filloux (dramaturge, New York) (avec photos de Mak Remissa). S’inspirant de l’exposition de photos de prisonniers de S-21 au MoMA de New York pour Photographs from S-21 (1997), la dramaturge revisite pour la revue ses diverses mises en scène de la pièce, notamment à Phnom Penh, et discute de la performativité du théâtre (entre autres, sa fonction thérapeutique et cathartique) dans le contexte mémoriel.
Vicente Sánchez-Biosca (Université de Valence). « Bophana, contrechamp de Duch : image de bourreau, portrait, tragédie et rédemption » propose une réflexion sur les catégories d’images- icônes et leur énonciation dans différentes appropriations que certains auteurs ont faites de la photo de Bophana (récits, films, portraits, revues, entre autres).
Magali Ann Berthon (Royal College of Arts, Université de Londres). Au-delà des photos exposées à Tuol Sleng, les archives du musée disposent d’environ 5 000 pièces textiles, les vêtements des prisonniers de S-21. Ancrant son propos dans une perspective de culture matérielle, Magali Ann Berthon analyse cette texture mémorielle et les différentes manières dont celle-ci a été présentée et conservée.
Rachel Hughes (Université de Melbourne). La période « vietnamienne » de Tuol Sleng, à savoir celle comprise entre 1979 et 1989, constitue celle qui définit les grandes décisions de mise en scène du musée. Hughes propose de réfléchir à cette époque de la vie du musée à partir de l’analyse et de la mise en contexte des réactions des visiteurs telles qu’elles apparaissent dans les livres de visiteurs. (Anglais)
Tang Chhin Sothy (Photographe, Cambodge). Depuis le début des années 2000, le photographe Tang Chhin Sothy a pris de nombreuses photos de Tuol Sleng, notamment lors d’occasions particulières (jour du verdict de Duch aux CETC, visites de dignitaires et représentants d’État,
cérémonies). Nous proposons de revisiter cette collection avec lui et, à partir d’une sélection d’images (faites par lui), de réfléchir à l’évolution récente du musée.
Julie Fleischman (Université d’État du Michigan). La question des restes humains et de leur relation à l’archive, centrale dans le contexte de S-21/Tuol Sleng et Choeung Ek (le site où les prisonniers étaient exécutés et enterrés dans des charniers), est au cœur de la recherche de Fleischman. Cette dernière discute de son travail d’analyse, de sa portée mémorielle, et de la complexité historiographique et politique qu’elle a rencontrée.
James Tyner (Université d’État de Kent). S’appuyant sur les théories de Bruno Latour et à l’aide de documents empiriques, le géographe propose une lecture dialectique de la fonction de S-21 et des diverses relations entre passé et présent qui se matérialisent à Tuol Sleng.
Sarah Williams (Université de Nouvelle-Galles du Sud). À partir de la documentation du tribunal chargé de juger les anciens dirigeants khmers rouges (CETC), elle travaille sur la représentation de S-21/Tuol Sleng pendant le procès de Duch et explore ce que la procédure judiciaire a produit comme récit historique de S-21 et des crimes qui y ont été commis.
Anne Yvonne Guillou (CNRS). L’anthropologue propose une vision critique de la mémorialisation du génocide cambodgien, notamment du rôle central de Tuol Sleng, et offre une perspective différente sur les pratiques et sites mémoriels locaux, qui sont parfois mis de côté, voire effacés par la présence du musée.

INTERVIEWS :
Interview avec Chey Sopheara par Anne-Laure Porée. Chey Sopheara a travaillé à Tuol Sleng pendant plus de trente ans (il en fut le directeur à partir de 1986). Il est une source majeure de connaissances sur le musée : propos, changements, visites des familles des victimes, accès des chercheurs et documentalistes, ainsi que le rapport avec le gouvernement cambodgien et les institutions internationales.
Interview par Stéphanie Benzaquen-Gautier et Anne-Laure Porée de quatre artistes ayant travaillé sur des supports différents autour de stratégies d’appropriation des lieux et, en particulier, des photos de prisonniers de S-21: Leang Seckon, Binh Danh, Alice Miceli, Marina Ky. (Deux entretiens en anglais)

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