De : GENIN Christophe
Collections : Art, Esthétiques
ISBN : 978-2-84174-115-X
Année : 1998
Nombre de pages : 360
Prix : 30 €

Un préjugé tenace prend l’artiste pour un menteur qui se joue des apparences du monde sensible, ou pour un esprit confus qui aperçoit mal le sens de ce qu’il fait. Contre cela, il convient de réhabiliter l’autorité de l’artiste. Dans les rapports entre l’œuvre et son référent supposé, entre l’instauration et la réception du public, l’artiste interfère de sorte que l’œuvre schématise la réflexivité du médiateur. Sa quête d’identité se réfléchit sur son œuvre et en elle. Dès lors, l’autoréférence dédouble l’œuvre par des renversements ou des indécidabilités analogues aux paradoxes logiques. Ainsi, la vérité de l’œuvre requiert une logique de la réversibilité. Car son identité est réfractaire : nulle part, car éclatée dans toutes sortes de décalages dont on peut dresser une typologie, partout, car ces déplacements sont le jeu d’une franchise qui dénonce son ambiguïté quand elle l’institue. Cette ambiguïté est une maïeutique du jugement libre et majeur, où se révèle la profondeur du comique. Ces réflexions de l’œuvre par elle-même signifient la constitution d’une intelligence immanente au monde sensible.

Christophe Genin, agrégé de philosophie et docteur-ès-Lettres, enseigne la philosophie en Lettres Supérieures à Paris. Sa curiosité éclectique et sa pratique de la poésie l’ont amené à s’interroger sur les rapports de l’art à la vérité.