De : TEIXEIRA Vincent
Collections : Détours littéraires, Littérature
ISBN : 978-2-84174-654-5
Année : 2014
Nombre de pages : 128
Prix : 16 €

CULTURE JETABLE ET MARCHANDISATION HÉDONISTE

Malgré ces temps de crise, le règne de l’hédonisme consumériste perdure, et la consommation culturelle est à la mode. Mais à bien des égards, la culture de masse qu’on nous vend, quand elle n’est pas un escamotage ou un bricolage culturel, dont l’artifice va de pair avec la fuite en avant dans l’artificialisation de la vie, relève essentiellement du divertissement, comme un baume adoucissant aux misères quotidiennes. C’est contre cette manière distrayante de conforter la domestication des êtres, façonnage d’un homme moyen, fonctionnel, que s’inscrit cette critique de l’actuelle marchandisation, ad nauseam, d’une culture sans estomac. Laquelle est devenue le champ de bataille d’une véritable misère symbolique, aussi déroutante que les autres désastres du monde moderne.
Car à travers cette assuétude qu’on nous inocule à consommer indifféremment des « produits culturels », comme du coca light, nous sentons l’horizon se restreindre, et croître, parallèlement à celles de la planète, les pollutions et dégradations de l’esprit. Face à ces outrages et manœuvres d’assujettissement s’impose la nécessité vitale d’une désintoxication, comme un des enjeux de notre nouveau malaise dans la civilisation.

Né en 1969, Vincent Teixeira est essayiste, professeur à l’université de Fukuoka (Japon). Parmi ses publications : Georges Bataille, la part de l’art. La peinture du non-savoir (L’Harmattan, 1997), À l’encre des dérives (L’Harmattan, 2007, préface de S. Stétié), de nombreux articles, notamment sur Bataille, Blanchot, Luca, Rodanski, Cravan, qui mêlent critique poétique et critique sociale.